C’est quoi être en bonne santé ?




Pendant très longtemps, la santé a été vue comme unidimensionnelle, c’est-à-dire qu’être en bonne santé, c’était ne pas souffrir de maladie ou de handicap ! Dans ce cas, la santé était simplement décrite comme étant l’inverse de la maladie.


En 1946, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS, va modifier cette perception : d’une conception unidimensionnelle, la définition va devenir bidirectionnelle. La santé sera alors considérée comme “un état complet de bien-être, physique, mental et social, et pas simplement l’absence de maladie ou de handicap”.

Un pas de plus est franchi en 1984. L’OMS complète la définition en disant que la santé, c’est “l’ensemble des ressources sociales, personnelles et physiques permettant à l’individu de réaliser ses aspirations et de satisfaire ses besoins”. Il ne s’agit plus seulement de prévenir et de traiter les maladies mais également de profiter plus longtemps d’une vie de qualité.

Pour mieux comprendre ce que signifie “être en bonne santé”, nous avons besoin des définitions de l’OMS mais également de connaître trois des grandes dimensions qui caractérisent la santé à savoir :

- qu’elle se situe le long d’un continuum,

- qu’elle se caractérise par une variabilité interpersonnelle,

- et enfin qu’elle est multifactorielle.


Prenons la première dimension : le continuum

La santé et la maladie sont envisagées comme les deux extrêmes d’un même continuum. Antonovsky (1987) a illustré ce point de vue par une ligne du temps allant de « souffrir d’une maladie très sévère » à un « état de santé excellent ». Sur ce continuum, il a identifié également un point neutre, une zone où la personne ne dispose ni de signes ni de symptômes qui peuvent lui faire penser qu’elle est malade mais qui, en même temps, ne lui permettent pas non plus d’affirmer qu’elle est en bonne santé. Ce point neutre est évidemment intéressant dans l'approche naturopathique de prévention et d'optimisation. En effet, si je suis une personne qui ne dispose pas de signes ou de symptômes d’une quelconque maladie, vais-je quand même me mobiliser pour adopter des comportements de santé ? Suis-je alors moins désireux-se de changer par rapport à quelqu’un qui dispose de signes ? Pas forcément...






Parlons maintenant de la deuxième dimension de la santé : sa variabilité interpersonnelle.

L’endroit où nous habitons, l’époque à laquelle nous vivons, la classe sociale à laquelle nous appartenons ou simplement le genre, être un homme ou une femme, sont des caractéristiques susceptibles de produire de la variabilité entre les personnes. Face à sa santé, chaque personne a un parcours spécifique et les différents éléments de ce parcours vont influencer sa façon de gérer son comportement de santé. Au moment de palper leurs seins, deux femmes peuvent détecter une grosseur mais une seule va prendre rendez-vous pour en parler à son médecin. Pour celle qui va prendre rendez-vous, le fait qu’elle habite à trois kilomètres d’un hôpital peut avoir influencé sa prise de décision. En conséquence, dans cet exemple, la mise en place ou non du comportement de santé, c’est-à-dire accepter de faire un dépistage du cancer du sein, ne s’expliquera pas uniquement par la présence du signe médical… être proche d’un hôpital facilite la démarche.



La troisième dimension de la santé est son caractère multifactoriel.

Tout d’abord, la santé est multifactorielle parce qu’il n’y a pas qu’une seule cause qui conduit à être en bonne ou en mauvaise santé.

Par exemple, si je suis une personne qui souffre de maux de tête, il peut y avoir une cause génétique et en même temps une cause psychologique : mon état de stress peut suffire à déclencher une crise. Pour traiter mon mal de tête, je dois donc prendre en considération au minimum ces deux causes.

Ensuite, la santé est également considérée comme multifactorielle parce qu’il n’y a pas qu’une seule conséquence à être en bonne ou en mauvaise santé.

Par exemple, Madame X sait qu’elle doit réduire sa consommation de sucre, son médecin traitant lui a déjà dit à plusieurs reprises qu’elle était à risque de devenir diabétique. Madame X est hôtesse de caisse dans une grande surface. Depuis quelques semaines, elle vit plusieurs restructurations. Cette situation est stressante, ce qui a pour conséquence d’augmenter sa consommation de grignotages, de sucreries plutôt que de la réduire. Cette situation professionnelle stressante fait qu’elle se sent fatiguée et pour tenir le coup, elle a aussi tendance à manger plus. Nous voyons à travers cet exemple que Madame X traverse différents événements de vie qui ont pour conséquence de l’éloigner d’un état qui est d’ « être en bonne santé ».


En résumé : la santé ne se réduit pas à une absence de maladie, c’est avant tout un état complet de bien-être physique, mental et social. Elle fait appel à des ressources sociales, personnelles et physiques qui permettent à la personne de s’épanouir. Il semble aussi que, pour être en bonne santé ou pour rester en bonne santé, nous disposons de signes ou de symptômes. Face à eux, nous avons la possibilité de mettre en place ou non des comportements de santé pour les gérer.





5 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout