Le shiatsu


«SHI» signifie doigt et «ATSU» pression



Le ministère japonais de la Santé a reconnu officiellement le shiatsu comme une médecine à part entière en 1955 et, en mai 1997, la Commission européenne l’identifiait comme une des huit méthodes de médecine complémentaire.


Bien que né au japon, ce shiatsu tire son origine de la médecine chinoise. Le pilier de cette théorie, qui constitue le fondement de toute cette pensée, s’articule autour de la notion du Ki (en japonais, et Qi en chinois, prononcés "tchi" en français) qui dans sa définition la plus simple et générale correspond à l’énergie source de toutes les manifestations du monde.


Pour réguler le Qi de l’homme, les anciens chinois ont découvert qu’on pouvait agir de façon plus précise à travers certains trajets spécifiques appelés méridiens. Certains points de ces méridiens, directement accessibles par le toucher, et aussi utilisés en acupuncture, ont une action particulière.


Par un toucher, basé principalement sur l’écoute et l’attention, le shiatsu favorise la capacité du corps à retrouver l’équilibre en permettant une meilleure circulation et communication de l’être dans son ensemble. En retrouvant la présence et la conscience aux besoins de notre corps, ici et maintenant, les transformations les plus profondes peuvent alors s’opérer naturellement.



Origines du shiatsu


Il est difficile, voire impossible de retracer l’origine précise du Shiatsu. La pratique du shiatsu existe probablement depuis plusieurs milliers d’années, à partir du moment où l’homme a commencé à se masser sous l’effet de la douleur.

Se frotter pour estomper une douleur est en effet un simple réflexe. Le terme Shiatsu, apparu au début du XXème siècle, se décompose en deux syllabes : la première (shi) signifie doigt et la deuxième (atsu) veut dire pression. On peut donc en première approximation traduire le terme shiatsu par digipression.

La forme thérapeutique de ce massage est reconnue au Japon depuis une cinquantaine d’années.



Mécanismes en jeu


Pour comprendre les mécanismes du shiatsu, il est important de mettre en place certains préalables. En médecine orientale, l’énergie circule le long de lignes appelées méridiens. Sur ces méridiens, il existe des points nommés tsubos (les points d’acupuncture). Ces points sont les endroits où se concentre l’énergie.

Les méridiens et les tsubos sont reliés aux organes internes et en sont l’expression à la surface de la peau. Par exemple, lorsqu’un organe est en dysfonctionnement, le méridien et le tsubo lui correspondant laisseront apparaître des signes d’avertissement. Ces signes pourront varier en fonction de la nature du désordre (le cas échéant, si l’organe est en surcharge, les tsubos pourront être durs et douloureux, au contraire si l’organe manque d’énergie, le méridien et les tsubos correspondant seront mous et sensibles en profondeur).


Si l'on considère les points situés le long de la colonne vertébrale, appelés points SHU, ils correspondent à des terminaisons de nerfs (les ganglions sympathiques) reliés aux organes internes par l’intermédiaire du rachis et du cerveau. Lorsque l’on presse ce point, l’organe relié reçoit le même stimulus et inversement lorsque l’organe, pour une raison ou une autre (trouble, désordre) envoie un signal, le point situé sur la peau reçoit la même information. C’est ici que l’on voit l’importance du toucher du praticien : les doigts vont servir à la fois, à envoyer des informations, mais aussi à recevoir des réponses en retour.


Les pressions et relâchements vont servir à rétablir l’équilibre énergétique dans les méridiens et par là-même faire disparaître le trouble de l’organe. Il faut d’ailleurs préciser que, en médecine orientale, l’organe est considéré en tant que fonction : par exemple, le cœur représente la compassion et régit les émotions.


Une partie de notre système nerveux fonctionne en dehors de notre volonté, c’est le système nerveux autonome qui s’occupe des fonctions réflexes de notre corps. C’est lui qui gère les réactions de notre corps aux stimuli externes. Il fonctionne de deux manières, soit il s’adapte, c’est la fonction parasympathique, soit il se ferme, et c’est la fonction orthosympathique.

Nous sommes de plus en plus confrontés aux stimuli extérieurs qui nous agressent à longueur de jour et même de nuit : les bruits, les vibrations, la lumière artificielle, les pollutions atmosphériques, etc.

Et, comme le corps lutte contre les microbes, il lutte également contre les stress. Sa principale défense est le système nerveux sympathique qui lui permet de se fermer complètement en attendant de pouvoir trouver une solution d’adaptation.

On se rend compte que, quelle que soit l’agression, physique ou psychique, le corps va avoir une réaction de sauvegarde.

Mais notre système nerveux a ses limites, et il est parfois dérouté devant le nombre constamment croissant des agressions, des stimuli, et il finit par ne plus donner de réponse, ou des réponses erronées (douleurs diverses, mauvaise chimie du sang, absence de sensations ou sensations inconnues, picotements, bourdonnements d’oreille, tâches sur la peau, dermatoses, etc.).

Le Shiatsu, par son action de détente, vise à stimuler les défenses naturelles de l’organisme et à faire lâcher les tensions créées par le système nerveux autonome. Mais il ne faut pas oublier que la maladie est un signal d’alarme et qu’il ne faut pas ôter ce signal sans rééquilibrer l’ensemble du corps. L’idéal est de pratiquer le massage Shiatsu de manière préventive : aux inter-saisons, avant une période de surmenage, aux premiers symptômes de maladie. C’est ainsi qu’autrefois, en Chine, le médecin était rémunéré tant que son client était en bonne santé.


Effets du shiatsu


Les effets du massage Shiatsu se situent à deux niveaux : physique et psychique.

Au niveau physique, les pressions vont permettre de détendre les muscles, ce qui aura pour effet de favoriser l’alignement vertébral, de faciliter l’irrigation sanguine et la ventilation pulmonaire, d’accroître la souplesse corporelle, donc d’augmenter la mobilité articulaire. De même le Shiatsu agit sur les mécanismes de sécrétion des hormones, ce qui, par exemple permet de régulariser le fonctionnement du métabolisme qui gère la prise ou la perte de poids.

Au niveau psychique, il est certain que les bienfaits physiques auront une répercussion sur le mental. Très souvent, à la fin d’un massage Shiatsu, le Jusha (personne recevant le massage) ressent un état de bien-être et de calme intérieur indéfinissable, une sorte de calme « tonique », une meilleure sensation au niveau de la respiration et de la vue, une plus grande facilité d’adaptation à l’environnement. Il n’est pas rare que la personne qui a reçu un massage Shiatsu ressente encore des effets dans les jours qui suivent, et même, rêve de périodes enfouies depuis longtemps dans le subconscient, ce qui tend à la libérer de situations occultées, volontairement ou non.

On se rend compte que le rôle du Shiatsuki (praticien Shiatsu) va devenir de plus en plus important, car les dysfonctionnements, et les désordres fonctionnels sont les maladies de notre siècle. Le corps a les moyens de se guérir et le Shiatsuki est le catalyseur de cette guérison.


Cependant, le rôle du Shiatsuki ne se limite pas au simple massage de son patient. En effet, il a également un rôle éducatif. Il doit préparer l’avenir de son patient en lui donnant des conseils de vie afin de ne pas reproduire indéfiniment le problème rencontré.



Pour qui et quand


Il n’existe pas de contre-indications à recevoir une séance de shiatsu. Il y a toutefois des mesures de précaution à prendre dans certains cas (opération récente, femme enceinte, ostéoporose, personnes âgées, lésion cutanée,…) . Dans ces conditions, tout le monde peut donc recevoir un shiatsu.


S’inscrivant dans la même lignée que le Tai Chi Chuan, le Yoga et les autres méthodes holistiques de santé mises à la mode par le besoin de conserver et maintenir la santé du corps et de l’esprit, le shiatsu est particulièrement efficace, lorsqu’il est appliqué de manière préventive : il est beaucoup plus facile de rester en bonne santé que de soigner des maladies.


Dans une perspective de prévention, il est recommandé de recevoir une séance de shiatsu avant une période de stress. Il sera par ailleurs important de pratiquer le shiatsu après un choc physique ou psychique.

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